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La tourbière de Baupte

Le site de Baupte a commencé ses activités en 1941 par la production de briquettes de tourbe. En effet le charbon vient à manquer pendant la seconde guerre mondiale et la tourbe est utilisée pour se chauffer.

La tourbière, qui a accumulé un millimètre de dépôt de tourbe par an pendant 10 000 ans, depuis les dernières glaciations du quartenaire, est ainsi utilisée pour fabriquer vapeur et électricité. En 1947, le chantier se développe déjà sur près de 400 hectares sur le marais de Gorges. Mais au début des années 50, le charbon remplace la tourbe dans les fourneaux. La demande diminue. La production de briquette doit s’arrêter.

Jusqu’à 1995, la seule tourbière a suffi à l’ensemble du site de Baupte pour sa consommation énergétique. A la fin de son exploitation, le bassin, créé pour l’extraction de la tourbe, se remplit au fur et à mesure des eaux de pluie du Cotentin. C’est ainsi qu’en 2004, un lac artificiel de 480 hectares a pris la place de l’ancienne tourbière. Cette eau accueille vite une végétation riche en minéraux grâce à son lit de tourbe. Une multitude d’oiseaux d’eau se presse alors pour faire son nid à Baupte, parmi eux se trouvent des espèces rares inconnues en terres normandes.

Le GON (Groupe Ornithologue normand) s’intéresse de plus en plus à cette curiosité de la nature qui reprend ses pleins pouvoirs sur un site exploité industriellement depuis des années.

En effet, en périodes de migration, la tourbière de Baupte joue un rôle important pour l’avifaune puisque le GON y a recensé près de 9 300 oiseaux à raison d’un seul comptage hebdomadaire. Certaines espèces confortent ici leur statut de rares mais régulières, telles que : la Spatule blanche, le Chevalier sylvain, le Balbuzard pêcheur ou encore la Guifette moustac. Des espèces rares comme la Nette rousse (moins de 250 couples en France) et la Mouette rieuse ravissent les amateurs d’oiseaux.

Ces terres appartenant à Cargill représentent un attrait particulier pour toute la région. Devant une telle beauté, l’intérêt de préserver le site et de le transformer en réserve naturelle a rapidement fait consensus.

Ainsi dans le cadre d’un arrêté préfectoral, Cargill s’est engagé à laisser place nette en 2026. La société met ainsi en place un processus de réhabilitation de l’ancien site industriel.

De plus, par cet accord a été créé un comité de suivi scientifique relatif aux orientations de réaménagement et de la gestion de la tourbière, sous la présidence de M. le Préfet. Ce comité est composé des maires des communes propriétaires du terrain, des représentants des différentes administrations, de représentants d’organismes scientifiques, et d’un représentant de Cargill.

Ce comité est soutenu dans sa démarche par la mission scientifique dont le principal objectif est la ré-orientation de la remise en état écologique de la tourbière. Cette mission scientifique est composée d’un représentant : du GON, de la DIREN, de la Fédération des chasseurs de la Manche, du parc naturel Régional du Cotentin, du Conservatoire Botanique National de Brest, de l’université de Rennes, de la DRIRE Basse Normandie, de la Reserve naturelle du domaine de Beauguillot, du Comité Scientifique Régional du Patrimoine Naturel et de l’Office National de la Chasse et de la Faune.

Soit 10 membres et 2 représentants de Cargill : le directeur et le responsable de l’exploitation.

L’histoire de la tourbière de Baupte constitue un exemple de partenariat réussi entre une entreprise industrielle, des associations et les collectivités locales pour la réhabilitation écologique d’un lieu naturel d’exception.

 
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